Therese Raquin by Emile Zola
Therese Raquin by Emile Zola
Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu'on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente pas de long et deux de large, au plus; il est pavé de dalles jaunatres, usées, descellées, suant toujours une humidité acre; le vitrage qui le couvre, coupé à angle droit, est noir de crasse.
Par les beaux jours d'été, quand un lourd soleil br?le les rues, une clarté blanchatre tombe des vitres sales et tra?ne misérablement dans le passage. Par les vilains jours d'hiver, par les matinées de brouillard, les vitres ne jettent que de la nuit sur les dalles gluantes, de la nuit salie et ignoble.
A gauche, se creusent des boutiques obscures, basses, écrasées, laissant échapper des souffles froids de caveau. Il y a là des bouquinistes, des marchands de jouets d'enfants, des cartonniers, dont les étalages gris de poussière dorment vaguement dans l'ombre; les vitrines, faites de petits carreaux, moirent étrangement les marchandises de reflets verdatres; au delà, derrière les étalages, les boutiques pleines de ténèbres sont autant de trous lugubres dans lesquels s'agitent des formes bizarres.
A droite, sur toute la longueur du passage, s'étend une muraille contre laquelle les boutiquiers d'en face ont plaqué d'étroites armoires; des objets sans nom, des marchandises oubliées là depuis vingt ans s'y étalent le long de minces planches peintes d'une horrible couleur brune. Une marchande de bijoux faux s'est établie dans l'une des armoires; elle y vend des bagues de quinze sous, délicatement posées sur un lit de velours bleu, au fond d'une bo?te en acajou.
Au-dessus du vitrage, la muraille monte, noire, grossièrement crépie, comme couverte d'une lèpre et toute couturée de cicatrices.
Le passage du Pont-Neuf n'est pas un lieu de promenade. On le prend pour éviter un détour, pour gagner quelques minutes. Il est traversé par un public de gens affairés dont l'unique souci est d'aller vite et droit devant eux. On y voit des apprentis en tablier de travail, des ouvrières reportant leur ouvrage, des hommes et des femmes tenant des paquets sous leur bras; on y voit encore des vieillards se tra?nant dans le crépuscule morne qui tombe des vitres, et des bandes de petits enfants qui viennent là au sortir de l'école, pour faire du tapage en courant, en tapant à coups de sabots sur les dalles. Toute la journée, c'est un bruit sec et pressé de pas sonnant sur la pierre avec une irrégularité irritante; personne ne parle, personne ne stationne; chacun court à ses occupations, la tête basse, marchant rapidement, sans donner aux boutiques un seul coup d'oeil. Les boutiquiers regardent d'un air inquiet les passants qui, par miracle, s'arrêtent devant leurs étalages.
Le soir, trois becs de gaz, enfermés dans des lanternes lourdes et carrées, éclairent le passage. Ces becs de gaz, pendus aux vitrages sur lesquels ils jettent des taches de clarté fauve, laissent tomber autour d'eux des ronds d'une lueur pale qui vacillent et semblent dispara?tre par instants. Le passage prend l'aspect sinistre d'un véritable coupe-gorge; de grandes ombres s'allongent sur les dalles, des souffles humides viennent de la rue; on dirait une galerie souterraine vaguement éclairée par trois lampes funéraires. Les marchands se contentent, pour tout éclairage, des maigres rayons que les becs de gaz envoient à leurs vitrines; ils allument seulement, dans leur boutique, une lampe munie d'un abat-jour, qu'ils posent sur un coin de leur comptoir, et les passants peuvent alors distinguer ce qu'il y a au fond de ces trous où la nuit habite pendant le jour. Sur la ligne noiratre des devantures, les vitres d'un cartonnier flamboient: deux lampes à schiste trouent l'ombre de deux flammes jaunes. Et, de l'autre c?té, une bougie, plantée au milieu d'un verre à quinquet, met des étoiles de lumière dans la boite de bijoux faux. La marchande sommeille au fond de son armoire, les mains cachées sous son chale.
Il y a quelques années, en face de cette marchande, se trouvait une boutique dont les boiseries d'un vert bouteille suaient l'humidité par toutes leurs fentes. L'enseigne, faite d'une planche étroite et longue, portait, en lettres noires, le mot: Mercerie, et sur une des vitres de la porte était écrit un nom de femme: Thérèse Raquin, en caractères rouges. A droite et à gauche s'enfon?aient des vitrines profondes, tapissées de papier bleu.
Pendant le jour, le regard ne pouvait distinguer que l'étalage dans un clair-obscur adouci.
D'un c?té, il y avait un peu de lingerie: des bonnets de tulle tuyantés à deux et trois francs pièce, des manches et des cols de mousseline; puis des tricots, des bas, des chaussettes, des bretelles. Chaque objet, jauni et fripé, était lamentablement pendu à un crochet de fil de fer. La vitrine, de haut en bas, se trouvait ainsi emplie de loques blanchatres qui prenaient un aspect lugubre dans l'obscurité transparente. Les bonnets neufs, d'un blanc plus éclatant, faisaient des taches crues sur le papier bleu dont les planches étaient garnies. Et, accrochées le long d'une tringle, les chaussettes de couleur mettaient des notes sombres dans l'effacement blafard et vague de la mousseline.
De l'autre coté, dans une vitrine plus étroite, s'étageaient de gros pelotons de laine verte, des boutons noirs cousus sur des cartes blanches, des bo?tes de toutes les couleurs et de toutes les dimensions, des résilles à perles d'acier étalées sur des ronds de papier bleuatre, des faisceaux d'aiguilles à tricoter, des modèles de tapisserie, des bobines de rubans, un entassement d'objets ternes et fanés qui dormaient sans doute en cet endroit depuis cinq ou six ans. Toutes les teintes avaient tourné au gris sale, dans cette armoire que la poussière et l'humidité pourrissaient.
Vers midi, en été, lorsque le soleil br?lait les places et les rues de rayons fauves, on distinguait, derrière les bonnets de l'autre vitrine, un profil pale et grave de jeune femme. Ce profil sortait vaguement des ténèbres qui régnaient dans la boutique. Au front bas et sec s'attachait un nez long, étroit, effilé; les lèvres étaient deux minces traits d'un rosé pale, et le menton, court et nerveux, tenait au cou par une ligne souple et grasse. On ne voyait pas le corps, qui se perdait dans l'ombre: le profil seul apparaissait, d'une blancheur mate, troué d'un oeil noir largement ouvert, et comme écrasé sous une épaisse chevelure sombre. Il était là, pendant des heures, immobile et paisible, entre deux bonnets sur lesquels les tringles humides avaient laissé des bandes de rouille.
Le soir, lorsque la lampe était allumée, on voyait l'intérieur de la boutique. Elle était plus longue que profonde; à l'autre bout, un escalier en forme de vis menait aux chambres du premier étage. Contre les murs étaient plaquées des vitrines, des armoires, des rangées de cartons verts; quatre chaises et une table complétaient le mobilier. La pièce paraissait nue, glaciale; les marchandises, empaquetées, serrées dans des coins, ne tra?naient pas ?a et là avec leur joyeux tapage de couleurs.
D'ordinaire, il y avait deux femmes assises derrière le comptoir: une jeune femme au profil grave et une vieille dame qui souriait en sommeillant. Cette dernière avait environ soixante ans; son visage gras et placide blanchissait sous les clartés de la lampe. Un gros chat tigré, accroupi sur un angle du comptoir, la regardait dormir.
Plus bas, assis sur une chaise, un homme d'une trentaine d'années lisait ou causait à demi-voix avec la jeune femme. Il était petit, chétif, d'allure languissante; les cheveux d'un blond fade, la barbe rare, le visage couvert de taches de rousseur, il ressemblait à un enfant malade et gaté.
Un peu avant dix heures, la vieille dame se réveillait. On fermait la boutique, et toute la famille montait se coucher. Le chat tigré suivait ses ma?tres en ronronnant, en se frottant la tête contre chaque barreau de la rampe.
En haut, le logement se composait de trois pièces. L'escalier donnait dans une salle à manger qui servait en même temps de salon. A gauche était un poêle de fa?ence dans une niche; en face se dressait un buffet, puis des chaises se rangeaient le long des murs, une table ronde, toute ouverte, coupait le milieu de la pièce. Au fond, derrière une cloison vitrée, se trouvait une cuisine noire. De chaque c?té de la salle à manger, il y avait une chambre à coucher.
La vieille dame, après avoir embrassé son fils et sa belle-fille, se retirait chez elle. Le chat s'endormait sur une chaise de la cuisine. Les époux entraient dans leur chambre. Cette chambre avait une seconde porte donnant sur un escalier qui débouchait dans le passage par une allée obscure et étroite.
Le mari, qui tremblait toujours de fièvre, se mettait au lit; pendant ce temps, la jeune femme ouvrait la croisée pour fermer les persiennes. Elle restait là quelques minutes, devant la grande muraille noire, crépie grossièrement, qui monte et s'étend au-dessus de la galerie. Elle promenait sur cette muraille un regard vague, et, muette, elle venait se coucher à son tour, dans une indifférence dédaigneuse.
L'Argent est un roman naturaliste d'Émile Zola publié en 1891, le dix-huitième volume de la série Les Rougon-Macquart. Résumé | Le héros est Aristide Saccard, frère du ministre Eugène Rougon, qu'on avait déjà vu amasser une fortune colossale dans La Curée. Après une succession de mauvaises affaires, il doit repartir de zéro, mais son ambition est demeurée intacte. Il vend sa luxueuse propriété du parc Monceau afin de régler ses créanciers, puis loue deux étages d'un hôtel où il installe la Banque Universelle, destinée à financer des projets de mise en valeur du Moyen-Orient. Tout est fait pour attirer petits et moyens épargnants, auxquels on promet des gains faciles et rapides. Les communiqués et articles de presse, les rumeurs savamment dosées font s'envoler les titres de la société. Saccard se retrouve à nouveau au sommet de la gloire et de la puissance... construites sur du sable, car il ne cesse d'acheter ses propres actions...| |Source Wikipédia|
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Nicole had entered marriage with Walter, a man who never returned her feelings, bound to him through an arrangement made by their families rather than by choice. Even so, she had held onto the quiet belief that time might soften his heart and that one day he would learn to love her. However, that day never came. Instead, he treated her with constant contempt, tearing her down with cruel words and dismissing her as fat and manipulative whenever it suited him. After two years of a cold and distant marriage, Walter demanded a divorce, delivering his decision in the most degrading manner he could manage. Stripped of her dignity and exhausted by the humiliation, Nicole agreed to her friend Brenda's plan to make him see what he had lost. The idea was simple but daring. She would use another man to prove that the woman Walter had mocked and insulted could still be desired by someone else. All they had to do was hire a gigolo. Patrick had endured one romantic disappointment after another. Every woman he had been involved with had been drawn not to him, but to his wealth. As one of the heirs to a powerful and influential family, he had long accepted that this pattern was almost unavoidable. What Patrick wanted was far more difficult to find. He longed to fall in love with a woman who cared for him as a person, not for the name he carried or the fortune attached to it. One night, while he was at a bar, an attractive stranger approached him. Because of his appearance and composed demeanor, she mistook him for a gigolo. She made an unconventional proposal, one that immediately caught his interest and proved impossible for him to refuse.
I sat in the gray, airless room of the New York State Department of Corrections, my knuckles white as the Warden delivered the news. "Parole denied." My father, Howard Sterling, had forged new evidence of financial crimes to keep me behind bars. He walked into the room, smelling of expensive cologne, and tossed a black folder onto the steel table. It was a marriage contract for Lucas Kensington, a billionaire currently lying in a vegetative state in the ICU. "Sign it. You walk out today." I laughed at the idea of being sold to a "corpse" until Howard slid a grainy photo toward me. It showed a toddler with a crescent-moon birthmark—the son Howard told me had died in an incubator five years ago. He smiled and told me the boy's safety depended entirely on my cooperation. I was thrust into the Kensington estate, where the family treated me like a "drowned rat." They dressed me in mothball-scented rags and mocked my status, unaware that I was monitoring their every move. I watched the cousin, Julian, openly waiting for Lucas to die to inherit the empire, while the doctors prepared to sign the death certificate. I didn't understand why my father would lie about my son’s death for years, or what kind of monsters would use a child as a bargaining chip. The injustice of it burned in my chest as I realized I was just a pawn in a game of old money and blood. As the monitors began to flatline and the family started to celebrate their inheritance, I locked the door and reached into the hem of my dress. I pulled out the sharpened silver wires I’d fashioned in the prison workshop. They thought they bought a submissive convict, but they actually invited "The Saint"—the world’s most dangerous underground surgeon—into their home. "Wake up, Lucas. You owe me a life." I wasn't there to be a bride; I was there to wake the dead and burn their empire to the ground.
Elena, once a pampered heiress, suddenly lost everything when the real daughter framed her, her fiancé ridiculed her, and her adoptive parents threw her out. They all wanted to see her fall. But Elena unveiled her true identity: the heiress of a massive fortune, famed hacker, top jewelry designer, secret author, and gifted doctor. Horrified by her glorious comeback, her adoptive parents demanded half her newfound wealth. Elena exposed their cruelty and refused. Her ex pleaded for a second chance, but she scoffed, "Do you think you deserve it?" Then a powerful magnate gently proposed, "Marry me?"
Vesper's marriage to Julian Sterling was a gilded cage. One morning, she woke naked beside Damon Sterling, Julian's terrifying brother, then found a text: Julian's mistress was pregnant. Her world shattered, but the real nightmare had just begun. Julian's abuse escalated, gaslighting Vesper, funding his secret life. Damon, a germaphobic billionaire, became her unsettling anchor amidst his chaos. As "Iris," Vesper exposed Julian's mistress, Serena Sharp, sparking brutal war: poisoned drinks, a broken leg, and the horrifying truth-Julian murdered her parents, trapping Vesper in marriage. The man she married was a killer. Broken and betrayed, Vesper was caught between monstrous brothers, burning with injustice. Refusing victimhood, Vesper reclaimed her identity. Fueled by vengeance, she allied with Damon, who vowed to burn his empire for her. Julian faced justice, but matriarch Eleanor's counterattack forced Vesper's choice as a hitman aimed for her.
I woke up in a blindingly white hotel penthouse with a throbbing headache and the taste of betrayal in my mouth. The last thing I remembered was my stepsister, Cathie, handing me a flute of champagne at the charity gala with a smile that didn't reach her eyes. Now, a tall, dangerously handsome man walked out of the bathroom with a towel around his hips. On the nightstand sat a stack of hundred-dollar bills. My stepmother had finally done it—she drugged me and staged a scandal with a hired escort to destroy my reputation and my future. "Aisha! Is it true you spent the night with a gigolo?" The shouts of a dozen reporters echoed through the heavy oak door as camera flashes exploded through the peephole. My phone lit up with messages showing my bank accounts were already frozen. My father was invoking the 'morality clause' in my mother’s trust fund, and my fiancé had already released a statement dumping me to marry my stepsister instead. I was trapped, penniless, and being hunted by the press for a scandal I hadn't even participated in. My own family had sold me out for a payday, and the man standing in front of me was the only witness who could prove I was innocent—or finish me off for good. I didn't have time to cry. According to the fine print of the trust, I had thirty days to prove my "rehabilitation" through a legal marriage or I would lose everything. I tracked the man down to a coffee shop the next morning, watching him take a thick envelope of cash from a wealthy older woman. I sat across from him and slid a napkin with a $50,000 figure written on it. "I need a husband. Legal, paper-signed, and convincing." He looked at the number, then at me, a slow, crooked smile spreading across his face. I thought I was hiring a desperate gigolo to save my inheritance. I had no idea I was actually proposing to Dominic Fields, the reclusive billionaire shark who was currently planning a hostile takeover of my father’s entire empire.
I had been a wife for exactly six hours when I woke up to the sound of my husband’s heavy breathing. In the dim moonlight of our bridal suite, I watched Hardin, the man I had adored for years, intertwined with my sister Carissa on the chaise lounge. The betrayal didn't come with an apology. Hardin stood up, unashamed, and sneered at me. "You're awake? Get out, you frumpy mute." Carissa huddled under a throw, her fake tears already welling up as she played the victim. They didn't just want me gone; they wanted me erased to protect their reputations. When I refused to move, my world collapsed. My father didn't offer a shoulder to cry on; he threatened to have me committed to a mental asylum to save his business merger. "You're a disgrace," he bellowed, while the guards stood ready to drag me away. They had spent my life treating me like a stuttering, submissive pawn, and now they were done with me. I felt a blinding pain in my skull, a fracture that should have broken me. But instead of tears, something dormant and lethal flickered to life. The terrified girl who walked down the aisle earlier that day simply ceased to exist. In her place, a clinical system—the Valkyrie Protocol—booted up. My racing heart plummeted to a steady sixty beats per minute. I didn't scream. I stood up, my spine straightening for the first time in twenty years, and looked at Hardin with the detachment of a surgeon looking at a tumor. "Correction," I said, my voice stripped of its stutter. "You're in my light." By dawn, I had drained my father's accounts, vanished into a storm, and found a bleeding Crown Prince in a hidden safehouse. They thought they had broken a mute girl. They didn't realize they had just activated their own destruction.
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