Ida et Carmelita by Hector Malot
Ida et Carmelita by Hector Malot
Tout le monde sait que la Suisse est la patrie des h?tels, qui poussent spontanément sur son sol comme les pins et les champignons; pas de village, pas de hameau, si pauvre qu'il soit, pas de site, pour peu qu'il offre une curiosité quelconque, qui n'ait son auberge, son h?tel ou sa pension.
C'est ainsi qu'au hameau du Glion, au-dessus de Montreux, à une altitude de six à sept cents mètres, à la pointe d'une sorte de promontoire qui s'avance vers le lac a été construit l'h?tel du Rigi-Vaudois.
La position, il est vrai, est des plus heureuses, à l'abri des chaleurs comme des froids, au milieu d'un air vif et salubre, en face d'un merveilleux panorama.
Si l'on ne veut pas sortir, on a devant soi les sombres rochers de Meillerie, que couronnent les Alpes neigeuses de la Savoie, et, à droite et à gauche, la nappe bleue du lac, qui commence à l'embouchure du Rh?ne pour s'en aller vers Genève, jusqu'à ce que ses rives s'abaissent et se perdent dans un lointain confus.
Au contraire, si l'on aime la promenade, on n'a qu'un pas à faire pour se trouver immédiatement sur les pentes herbées ou boisées qui descendent des dents de Naye et de Jaman.
Deux chemins conduisent au Glion: l'un est une bonne route de voiture qui monte du lac par des lacets tracés sur le flanc de la montagne; l'autre est un simple sentier qui grimpe à travers les paturages et le long d'un torrent.
C'était à cet h?tel du Rigi-Vaudois que le colonel s'était arrêté en venant de Paris; et séduit par le calme autant que par la belle vue, il y avait pris un appartement de trois pièces ouvrant leurs fenêtres sur le lac: une chambre pour lui, une salle à manger où on le servait seul, et une chambre pour Horace.
Il sortait le matin de bonne heure, son alpenstock ferré à la main, un petit sac sur le dos, les pieds chaussés de bons souliers à semelles épaisses et garnies de gros clous et il ne rentrait que dans la soirée, quand il rentrait; car il arrivait souvent que ses excursions l'ayant entra?né au loin, il couchait dans un chalet de la montagne ou dans une auberge d'un village éloigné.
On ne le voyait guère, et le soir quand on entendait de gros souliers ferrés résonner dans le corridor, on savait seulement qu'il rentrait; le matin, en entendant le même pas, on savait qu'il sortait.
Ceux qui occupaient les chambres situées sous les siennes entendaient aussi parfois, dans le silence de la nuit, la marche lente et régulière de quelqu'un qui se promenait, et l'on savait que cette nuit-là, ne pouvant rester au lit, il avait arpenté son appartement.
Enfin ceux des pensionnaires qui, dans la soirée, allaient respirer le frais sur l'esplanade qui domine le lac, apercevaient souvent, en se retournant vers l'h?tel, une grande ombre accoudée à une fenêtre. C'était le colonel, qui restait là à regarder la lune brillant au-dessus des montagnes sombres de la Savoie et frappant les eaux tranquilles du lac de sa lumière argentée.
C'étaient là les seuls signes de vie qu'il donnat, et souvent même on aurait pu penser qu'il était parti, si l'on n'avait pas vu son valet de chambre promener mélancoliquement, dans le jardin de l'h?tel et dans les prairies environnantes, son ennui et son impatience.
-Cela durera donc toujours ainsi? se disait Horace.
Mais ce mot, il le pronon?ait tout bas et lorsqu'il était seul.
Car, bien qu'il s'ennuyat terriblement au Glion et qu'il regrettat Paris au point d'en perdre l'appétit, il respectait trop son ma?tre pour se permettre une seule question sur ce séjour.
S'il avait pu seulement écrire à Paris, au moins il aurait ainsi expliqué son absence, qui devait para?tre incompréhensible. Que devait-on penser de lui? Il avait la religion de sa parole, et c'était pour lui un vrai chagrin d'y manquer. A vrai dire, même, c'était sa grande inquiétude; car de croire qu'on pouvait l'oublier ou le remplacer, il ne le craignait pas.
Un jour qu'il avait été s'asseoir sur la route qui monte de Montreux au Glion, à l'entrée d'une grotte tapissée de fougères qui se trouve à l'un des détours de cette route, il vit venir lentement, au pas, une calèche portant trois personnes: deux dames assises sur le siège de derrière, un monsieur placé sur le siège de devant.
Et tout en regardant cette calèche qui s'avan?ait cahin-caha, il se dit que les voyageurs qu'elle apportait allaient être bien désappointés en arrivant, car il n'y avait pas d'appartement libre en ce moment à l'h?tel.
Ah! comme il e?t volontiers cédé sa chambre et celles de son ma?tre, à ces voyageurs, à condition qu'ils lui auraient offert leur calèche pour descendre à la station, où il se serait embarqué pour Paris.
Cependant la voiture avait continué de monter la c?te et elle s'était rapprochée.
Tout à coup il se frotta les yeux comme pour mieux voir. L'une des deux dames était vieille, avec des cheveux gris et une figure jaune; l'autre était jeune, avec des cheveux noirs et un teint éblouissant, qui renvoyait les rayons de la lumière.
Il semblait que ces deux femmes fussent la comtesse Belmonte et sa fille, la belle Carmelita.
Il s'était avancé sur le bord de la route pour mieux regarder au-dessous de lui. Mais à ce moment la voiture était arrivée à l'un des tournants du chemin, et brusquement les deux dames, qu'il voyait de face, ne furent plus visibles pour lui que de dos.
Seulement, par une juste compensation de cette déception, le monsieur qui lui faisait vis-à-vis devint visible de face.
C'était un homme de grande taille, avec une barbe noire, mais cette barbe était tout ce qu'on pouvait voir de son visage; car, en regardant d'en haut, l'oeil était arrêté par les rebords de son chapeau, qui le couvraient jusqu'à la bouche.
A un certain moment, il releva la tête vers le sommet de la montagne, et Horace le vit alors en face.
Il n'y avait pas d'erreur possible, c'était le prince Mazzazoli accompagnant sa soeur et sa nièce.
Pendant que la voiture avan?ait, Horace se demanda quel effet cette arrivée allait produire sur son ma?tre.
Quelle heureuse diversion cependant pourrait jeter dans leur vie la belle Italienne, si le colonel voulait bien ne pas se sauver au loin comme un sauvage.
Quel malheur qu'il n'y e?t pas de chambres libres en ce moment à l'h?tel du Rigi-Vaudois!
Pendant qu'il cherchait à arranger les choses pour le mieux, c'est-à-dire à trouver un moyen de garder le prince et sa nièce, la calèche était arrivée vis-à-vis la grotte.
-Comment! vous ici, Horace? s'écria le prince en se penchant en avant.
Horace s'était avancé.
-Est-ce que le colonel est en Suisse? demanda la comtesse Belmonte.
A cette question de la comtesse, Horace se trouva assez embarrassé; car sans savoir si son ma?tre serait ou ne serait pas bien aise de voir des personnes de connaissance, il n'avait pas oublié la consigne qui lui avait été donnée.
Comme il hésitait, ce fut mademoiselle Belmonte qui l'interrogea.
-Comment se porte le colonel? dit-elle.
Il était ainsi fait, qu'il ne savait ni résister, ni rien refuser à une femme.
-Hélas! pas trop bien, répondit-il.
-Et où donc êtes-vous présentement? demanda le prince.
Horace en avait trop dit pour refuser maintenant de répondre.
Il dit donc que son ma?tre et lui étaient à l'h?tel du Rigi-Vaudois.
-A l'h?tel du Rigi-Vaudois, vraiment? Quelle bizarre co?ncidence! c'était là justement qu'ils allaient.
-Le cocher nous disait qu'il n'y avait pas de chambres vacantes en ce moment, continua la comtesse. Est-ce que cela est vrai? le savez-vous?
Hélas! oui, il le savait et il fut bien obligé d'en convenir.
A l'h?tel, le Kellner répéta au prince Mazzazoli ce qu'Horace avait déjà dit:
-Il n'y avait pas d'appartement disponible en ce moment. Si Son Excellence avait pris la peine d'envoyer une dépêche, quelques jours à l'avance, on aurait été heureux de se conformer à ses ordres; mais on ne pouvait pas déposséder les personnes arrivées depuis longtemps, pour donner leurs appartements à des nouveaux venus, si respectables que fussent ceux-ci.
Horace voulut intervenir, mais ce fut inutilement.
-La seule chambre libre en ce moment est celle qui sert de salle à manger à votre ma?tre, et encore n'est-ce pas ce qu'on peut appeler une chambre libre; elle ne le deviendrait que s'il voulait bien la céder.
A ce mot, le prince, qui avait tout d'abord montré un vif mécontentement, se radoucit, et, se tournant vers Horace:
-Est-ce que le colonel tient beaucoup à cette chambre? demanda-t-il; en a-t-il un réel besoin? Si je me permets cette insistance, c'est que nous nous trouvons placés dans des conditions toutes particulières. Le séjour de Paris, dans un air mou et vicié, a été contraire à la santé de madame la comtesse Belmonte; on lui a ordonné, comme une question de vie ou de mort, l'habitation, pendant quelque temps, dans une haute station atmosphérique, et c'est là ce qui nous a fait choisir le Glion, où, nous assure-t-on, son anémie et sa maladie nerveuse dispara?tront comme par enchantement, par miracle, dans cet air raréfié.
-Nous avons bien en haut, tout en haut, sous les toits, deux chambres ou plus justement deux cabinets, mais qui ne sont pas habitables pour des dames; si Son Excellence tient essentiellement à loger au Rigi, il n'y aurait qu'un moyen, ce serait que M. le colonel cédat la chambre lui servant de salle à manger, en même temps ce serait que M. Horace Cooper voul?t bien abandonner aussi sa chambre et se contenter d'un cabinet sous les toits. Alors les deux dames auraient un appartement convenable. Il est vrai que Son Excellence et M. Horace Cooper seraient horriblement mal logés. Mais comment faire autrement en attendant le départ de quelques pensionnaires, départ prochain d'ailleurs, et qui ne dépasserait pas deux ou trois jours?
-Il faudrait voir le colonel, dit le prince, car, malgré l'ennui que tout cela pourra lui causer, je suis certain qu'il ne nous refusera pas ce service dans les conditions critiques où nous nous trouvons.
Horace accueillit avec empressement cette idée qui le tirait d'embarras.
Car, malgré son envie de retenir mademoiselle Belmonte, et de la voir se fixer au Glion, il n'osait prendre sur lui d'accepter l'arrangement proposé par le prince Mazzazoli; il y aurait eu là, en effet, un acte d'autorité un peu violent.
Et tandis que le prince Mazzazoli faisait venir ses bagages de Montreux, en homme qui ne doute pas de l'acceptation de ses combinaisons, Horace quittait l'h?tel pour aller se poster sur le chemin par lequel il supposait que le colonel devait revenir de sa promenade.
Les heures s'écoulèrent sans que le colonel par?t.
Déjà les ombres qui avaient envahi les vallées les plus basses commen?aient à monter le long des montagnes et l'air se rafra?chissait.
Comme Horace se demandait s'il ne devait pas rentrer à l'h?tel, il aper?ut son ma?tre qui descendait le sentier au bout duquel il l'attendait.
Le colonel marchait lentement, le baton ferré sur l'épaule, la tête inclinée en avant, comme un homme préoccupé qui suit sa pensée et ne se laisse pas distraire par les agréments du chemin qu'il parcourt.
Il vint ainsi sans lever la tête, jusqu'à quelques pas d'Horace.
Mais l'ombre que celui-ci projetait sur le chemin l'arrêta et le fit lever les yeux.
-Toi? dit-il.
-C'est M. le prince Mazzazoli qui est arrivé à l'h?tel, ainsi que madame la comtesse Belmonte et mademoiselle Carmelita.
-Et qui leur a dit que j'habitais cet h?tel du Rigi.
-Ils ne savaient pas trouver mon colonel. C'est le prince lui-même qui me l'a dit.
Et Horace expliqua comment il avait par hasard rencontré la calèche qui amenait le prince à l'h?tel du Rigi, et comment le prince lui avait expliqué qu'il venait en Suisse pour la santé de la comtesse. Il fallait à celle-ci une habitation à une altitude élevée: c'était disaient les médecins, une question de vie ou de mort.
-Je croyais qu'il n'y avait pas de chambres disponibles en ce moment à notre h?tel, interrompit le colonel.
-Justement il n'y en a pas.
-Eh bien! alors?
Horace entreprit le récit de ce qui s'était passé, comment le sommelier avait été amené par hasard, par force pour ainsi dire, à parler de la chambre que le colonel transformait en salle à manger, et comment le prince attendait l'arrivée du colonel pour lui demander cette chambre.
A ce mot, le colonel frappa fortement la terre de son alpenstock.
-C'est bien, dit-il, je ne rentre pas; le prince se décidera sans doute à chercher plus loin; tu diras que tu ne m'as pas rencontré. Je ne reviendrai que dans quelques jours.
-Ah! mon colonel.
Et Horace qui voyait s'évanouir ainsi le plan qu'il avait formé, essaya de représenter à son ma?tre combien cette explication serait peu vraisemblable.
Pendant quelques secondes le colonel resta hésitant; puis, tout à coup, comme s'il avait pris son parti:
-C'est bien, dit-il, rentrons à l'h?tel.
-Puis-je prendre les devants pour annoncer votre arrivée?
-Non; je désire m'expliquer moi-même avec le prince.
En arrivant à l'h?tel, il aper?ut le prince installé avec sa soeur et sa nièce dans le jardin où ils prenaient des glaces; vivement le prince se leva pour accourir au devant de lui: jamais accueil ne fut plus chaleureux.
Après le départ d'Horace, le prince avait fait monter son bagage dans le cabinet qui lui était donné sous les toits, mais il avait voulu que les malles de sa soeur et de sa nièce restassent dans le vestibule de l'h?tel.
Avant de s'installer dans la salle à manger du colonel, il fallait attendre le retour de celui-ci.
Il était convenable de lui demander cette chambre.
Seulement, en même temps, il était bon de le mettre dans l'impossibilité de la refuser.
Où coucheraient la comtesse et Carmelita?
Devant une pareille question, la réponse ne pouvait pas être douteuse.
C'était donc en costume de voyage que la comtesse et Carmelita avaient d?né à table d'h?te, où leur présence avait fait sensation.
Pour Carmelita, elle se contenta de tendre la main au colonel et de poser sur lui ses grands yeux, qui s'étaient éclairés d'une flamme rapide.
Mais ce n'était pas seulement pour avoir le plaisir de serrer la main de ce cher colonel que le prince Mazzazoli attendait son retour avec impatience.
Il avait une demande à lui adresser, une prière, la plus importune, la plus inconvenante, mais qui lui était imposée par la nécessité.
-Je sais par Horace de quoi il s'agit, interrompit le colonel, et je suis heureux de mettre deux de mes chambres à la disposition de ces dames. Je regrette seulement que vous n'en ayez pas déjà pris possession en m'attendant, car vous deviez bien penser que je m'empresserais de vous les offrir.
Comme le prince se confondait en excuses en même temps qu'en remerc?ments, le colonel l'interrompit de nouveau.
-Je vous assure que vous ne me devez pas tant de reconnaissance. Au reste le sacrifice que je vous fais est bien petit, et je regrette même que les circonstances le rende si insignifiant.
-Il n'en est pas moins vrai que, pour nous, vous vous privez de vos chambres, dit Carmelita.
-Pour une nuit....
-Comment! pour une nuit? s'écria le prince.
-Je pars demain soir.
Carmelita attacha sur le colonel un long regards qui fit baisser les yeux à celui-ci.
Pour échapper à l'embarras que ce regard de Carmelita lui causait, il se jeta dans des explications sur son départ, arrêté depuis longtemps, dit-il, et qui ne pouvait être différé.
Puis presqu'aussit?t, prétextant la fatigue, le prince demanda au colonel la permission de conduire la comtesse à sa chambre.
Dans son état, elle avait besoin des plus grands ménagements.
Et tout bas il dit au colonel que la pauvre femme était bien mal et qu'un accès de fatigue pouvait la tuer.
Un roman habilement construit, où Hector Malot dénonce sans concession les intrigues du prince Louis-Napoléon, et nous brosse un portrait riche en couleurs de la société et des caractères du début du Second EmpireLe capitaine Guillaume de Saint-Nérée, officier rigoureux, honnête et loyal au régime républicain, se trouve à Paris au moment du coup d'Etat du 2 décembre 1851 ; il assiste impuissant et révolté au déroulement du complot et en décrit avec précision les mécanismes.De retour en garnison à Marseille, il est chargé de pacifier le pays varois, où se sont insurgés les partisans de la République. Il se retrouve écartelé entre son sens de l'honneur et l'amour qu'il porte à Clotilde, jeune Provençale, charmante, irrésistible et pleine de finesse, fille d'un vieux général de Napoléon Ier.Découvrez les oeuvres d'Hector Malot, publiées par Encrage Edition. Des romans réalistes et sociaux pour plonger au coeur du 19e siècleEXTRAITQuand on a passé six années en Algérie à courir après les Arabes, les Kabyles et les Marocains, on éprouve une véritable béatitude à se retrouver au milieu du monde civilisé.C'est ce qui m'est arrivé en débarquant à Marseille. Parti de France en juin 1845, je revenais en juillet 1851. Il y avait donc six années que j'étais absent ; et ces années-là, prises de vingt-trois à vingt-neuf ans, peuvent, il me semble, compter double. Je ne mets pas en doute la légende des anachorètes, mais je me figure que ces sages avaient dépassé la trentaine, quand ils allaient chercher la solitude dans les déserts de la Thébaïde. S'il est un âge où l'on éprouve le besoin de s'ensevelir dans la continuelle admiration des œuvres divines, il en est un aussi où l'on préfère les distractions du monde aux pratiques de la pénitence. Je suis précisément dans celui-là.A PROPOS DE L'AUTEURHector Malot, né à la Bouille (près de Rouen), le 20 mai 1830, mort à Fontenay-sous-Bois, le 17 juillet 1907, devint, après des études de droit et des emplois de clerc de notaire puis de journaliste, l'auteur d'environ soixante-dix romans de veine réaliste, dans lesquels il offre un panorama fidèle de tous les milieux de la société de son siècle.
HAUPOIS-DAGUILLON (Ch. P.), ** orfèvre fournisseur des cours d'Angleterre, d'Espagne, de Belgique, de Grèce, rue Royale, maisons à Londres Regent street, et à Madrid, calle de la Montera. - (0) 1802-6-19-23-27-31-44-40. - (P.M.) Londres, 1851. - (A) New-York, 1853. - Hors concours, Londres 1862 et Paris 1867.
I was once the heiress to the Solomon empire, but after it crumbled, I became the "charity case" ward of the wealthy Hyde family. For years, I lived in their shadows, clinging to the promise that Anson Hyde would always be my protector. That promise shattered when Anson walked into the ballroom with Claudine Chapman on his arm. Claudine was the girl who had spent years making my life a living hell, and now Anson was announcing their engagement to the world. The humiliation was instant. Guests sneered at my cheap dress, and a waiter intentionally sloshed champagne over me, knowing I was a nobody. Anson didn't even look my way; he was too busy whispering possessively to his new fiancée. I was a ghost in my own home, watching my protector celebrate with my tormentor. The betrayal burned. I realized I wasn't a ward; I was a pawn Anson had kept on a shelf until he found a better trade. I had no money, no allies, and a legal trust fund that Anson controlled with a flick of his wrist. Fleeing to the library, I stumbled into Dallas Koch—a titan of industry and my best friend’s father. He was a wall of cold, absolute power that even the Hydes feared. "Marry me," I blurted out, desperate to find a shield Anson couldn't climb. Dallas didn't laugh. He pulled out a marriage agreement and a heavy fountain pen. "Sign," he commanded, his voice a low rumble. "But if you walk out that door with me, you never go back." I signed my name, trading my life for the only man dangerous enough to keep me safe.
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